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  • Photo du rédacteurGildas Lecoq

Salon de l'agriculture : Les 5 annonces d'Emmanuel Macron

Dernière mise à jour : 28 févr.

La visite inaugurale du Président de la République à l’occasion du 60e Salon de l'Agriculture, qui ouvrait ses portes hier à Paris, a été marquée par de nombreux heurts, bagarres et manifestations de la part d’agriculteurs venus exprimer leur colère et leur détresse. Toutefois Emmanuel Macron a pris 5 engagements qu'il convient d'analyser.


Le Président Emmanuel Macron au Salon de l'Agriculture

Le contexte de grand mécontentement exprimé depuis plusieurs semaines par le monde agricole dans son ensemble, les erreurs de communication et les atermoiements politiques laissaient forcément présager une visite complexe pour Emmanuel Macron, ce fut le cas.


Malgré toutes ces péripéties, le Président de la République a bien obtenu son débat et a pu, durant deux heures, écouter les représentants des agriculteurs et marteler son message : « Aujourd’hui c’est un nouveau pacte qu’on fait avec nos agriculteurs : nourrir, protéger, et renouveler. Nourrir, et donc il faut assumer de produire. Protéger nos sols, notre nature, nos agriculteurs et nos consommateurs. Simplement, il faut pouvoir le financer. Renouveler et faire face à la transition démographique dans le milieu agricole ».


Voici les 5 engagements d'Emmanuel Macron


1- Plan de trésorerie d'urgence

Le Président a annoncé la mise en œuvre d'un "plan de trésorerie d'urgence" pour venir en aide aux agriculteurs et leur permettre de faire face aux difficultés financières réelles et aux situations dramatiques rencontrées dans certains secteurs. Ce plan d'urgence sera déployé dès lundi, une mission confiée aux ministres de l'Agriculture (Marc Fesneau), la ministre déléguée (Agnès Pannier-Runacher), et à leur collègue de l'Économie et des Finances (Bruno Le Maire).


2- Prix planchers

Le Président a formulé l’objectif « qu’on puisse déboucher » sur « des prix planchers par filière qui permettront de protéger le revenu agricole ». Une manière d’inverser, a priori, le rapport de force avec les industriels et les distributeurs lors des négociations. En fait il s’agit d’interdire la vente d’une marchandise en dessous d’un prix suffisant pour assurer la rémunération de l’agriculteur. Ce "prix plancher" serait fondé sur un indicateur de coût de production agricole, sur lequel chaque filière (volailles, lait, viande bovine…) devrait se mettre d’accord.

Avantages : stabilité des revenus, protections des petites exploitations, …

Inconvénients : favoriser les grosses exploitations dont la rentabilité est plus importante, risque de surproduction, nécessite une extension européenne afin d'éviter les éventuels contournements inévitables dans un contexte de libre circulation…

Il est important de rappeler que l'efficacité du prix plancher dépend de sa conception, de sa mise en œuvre et de son adaptation aux réalités du marché et de l'agriculture.


3- Intérêt général majeur

Emmanuel Macron a souligné sa volonté de protéger de manière ferme et solide la « ferme France » et de « reconnaître notre agriculture et notre alimentation comme un intérêt général majeur de la Nation française ». Une annonce qui rejoint celle de Gabriel Attal, jeudi dernier, qui avait dit que la prochaine loi agricole consacrerait l’agriculture « au rang des intérêts fondamentaux de la nation ». Une mention attendue par le monde agricole mais qui aura de fait des conséquences juridiques compliquée et sans doute longue... Le principe d'intérêt général s'inscrivant dans le même esprit que la loi relative à la protection de la nature imaginée en 1970 et votée en 1976 .

 

4- Droit à l'erreur

Le Président de la République a précisé, concernant sur le problème souvent mis en avant par le monde agricole de la simplification des normes et de l’assouplissement des contrôles, qu’il voulait étendre le « droit à l’erreur » au monde agricole, « ce qu’on n’a pas réussi à faire jusque-là », en raison notamment de restrictions liées au droit de l’UE et aux normes environnementales. Une proposition de loi LR de la députée Anne-Laure Blin existe en ce sens. « Le droit à l’erreur, je crois que c’est aussi assez simple, c’est de dire quand je fais une connerie une fois on me conseille, on m’aide à la corriger. Si je le fais deux fois, c’est que je fraude » a précisé Emmanuel Macron pour expliciter son idée.

 

5- Les Pesticides

Le Président de la République a répété vouloir « éviter qu’un pesticide soit interdit en France avant le reste de l'Union européenne, pour éviter les distorsions de concurrence ». Il a ainsi indiqué qu’il souhaitait que l’agence française sanitaire (Anses), qui est indépendante, reste calée sur le calendrier européen et donc ne décrète pas d’interdiction en France avant les voisins. Interdictions rappelons-le généralement motivées par des impératifs de protection de la santé humaine et de l’environnement. Le Président est allé encore plus loin en soulignant qu’il voulait regarder la possibilité de « rouvrir au niveau européen » la question des molécules interdites, sans pour autant clarifier ce qu’il envisageait.


Il convient de rappeler, à toute fin utile, qu’il y a un an lors de sa visite au Salon de l’agriculture Emmanuel Macron avait également annoncé le lancement d’un nouveau « plan sur les pesticides » pour donner, précisait-il en 2023, « de la visibilité à nos agriculteurs » et « avoir un calendrier européen qui correspond au calendrier français ».


En effet, en 2023, il y a donc un an déjà, le Président assurait qu'il y aurait aussi des alternatives et des accompagnements aux restrictions de pesticides. « Il faut à chaque fois s'assurer qu'il y a des alternatives et des accompagnements, notamment après des décisions européennes qui sont un peu tombées trop brutalement », avait-il précisé...


On peut dès lors comprendre qu’hier, en marge de ces échanges les agriculteurs demandaient des écrits, "les promesses n’engageant que ceux qui les reçoivent"


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