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  • Photo du rédacteurGildas Lecoq

Tribune : Dissolution et Élections législatives anticipées !

Dernière mise à jour : 2 juil.

L'annonce au soir des élections européennes de la dissolution de l’Assemblée nationale par le Président de la République n’a pas manqué de faire réagir. Si ce pouvoir de dissoudre lui est donné par la Constitution de la Ve République et encadré notamment par l’article 12, l'organisation des élections est une tâche cruciale qui incombe au maire.


Une tâche qui consiste avant tout à garantir que les processus électoraux se déroulent de manière juste, transparente et conforme aux lois en vigueur. Au début de l’été, à quelques heures des vacances scolaires estivales, organiser un tel scrutin est donc un nouveau challenge complexe qui est une fois encore proposé aux élus locaux et qui soulève quelques interrogations.


Le coût tout d’abord.

En règle générale, l’annonce des dates du scrutin sont connues un an à l’avance. Cela permet aux collectivités de s’organiser notamment en prévoyant au budget à venir de quoi couvrir le coût d’organisation matériel d’un tel scrutin.

Par exemple, dans une commune de 50.000 habitants (dont 33.000 électeurs inscrits environ) avec 30 bureaux de vote, cela s’élève à environ 35.000 euros par tour, auquel il convient d’ajouter un peu moins de 5.000 euros pour l’organisation de la mise sous pli de la propagande électorale (professions de foi et bulletins de vote) qui est ensuite adressée aux électeurs inscrits sur les listes électorales. Coût total de l'opération près de 80.000 euros. La participation de l’État au financement d’un tel scrutin est 9.300 euros pour les deux tours soit 10 centimes par électeur et 44,73€ par bureau de vote…

Annoncer le 9 juin à 21h la tenue d’élections à deux tours à organiser moins d’un mois après est forcément pour de petites collectivités un budget important qui n’était pas prévu !

 

La préparation des listes électorales 

Chaque maire doit s'assurer que les listes électorales sont mises à jour et exactes. Cela implique la gestion des inscriptions et des radiations des électeurs, en tenant compte des déménagements, des décès et des nouvelles inscriptions. A 20 jours d’un scrutin aussi important avec le risque d’accession au pouvoir d’élus de partis extrémistes, l’afflux d’inscription sur les listes électorales dans la nuit du 9 au 10 juin a été historique. En effet bon nombre d’électeurs souhaitaient régulariser et souvent mettre à jour leur inscription pour ne plus aller voter « chez papa et maman » ! Malheureusement la clôture des inscriptions se faisant le 9 juin à minuit un grand nombre a vu son inscription non prise en compte. Devant, dès lors, prévoir d’aller voter en province parfois ou à leur ancienne adresse.

 

Le recrutement du personnel électoral. 

C’est ici également que les choses se corsent ! Le maire est, en effet, responsable de la désignation des lieux de vote, de leur préparation et de leur équipement, mais doit aussi de recruter des présidents de bureau, des assesseurs et des secrétaires, de les former parfois pour qu'ils puissent accomplir leurs tâches efficacement et conformément aux règlements. A quelques heures des vacances estivales autant vous dire que la tâche, déjà compliquée en temps normal, frôle l’impossible dans certaines communes.

Il convient au préalable de rappeler deux éléments importants. On ne le dit pas suffisamment mais la baisse d'influence des partis politiques traditionnels en France due à la perte de confiance, la fragmentation politique ou le désenchantement général a une conséquence indéniable sur le manque d’assesseurs présents lors des scrutins. En effet, les assesseurs souvent des militants ou des soutiens sont généralement désignés par les candidats qui participent à l'élection. Chaque candidat a ainsi le droit de proposer un certain nombre d'assesseurs pour les représenter dans les bureaux de vote. Le parachutage de candidats inscrits uniquement en vue de financer une formation politique ajouté à la baisse de l’influence des partis engendre forcément une baisse du nombre des militants locaux et au final un manque de personnel pour participer au scrutin.

A cela vient s’ajouter le poids des réseaux sociaux et des chaînes d’information en continue qui font la part belle nationalement à des formations politiques (RN, LFI et Renaissance) qui ont le moins d’élus locaux. Ceux-là même qui sont pourtant en charge d’organiser les élections dans chacun de nos territoires.

Heureusement il existe une alternative, le maire peut nommer des citoyens volontaires pour être assesseurs. Ils doivent être inscrits sur la liste électorale où se tient le scrutin et seront nommés sans appartenance politique. En cas de pénurie totale, le président de bureau à un pouvoir de réquisition sur les électeurs présents le jour du scrutin. Le plus âgé présent dans le bureau de vote s’il manque un assesseur, le plus âgé et le plus jeune s’il en manque deux.


Ce scrutin a mobilisé un très grand nombre de français à l’occasion du 1er tour avec près de 66,7% de participation, un taux jamais atteint depuis 2002, où celle-ci avait été de 64,4%. Plus de 2,7 millions de procurations ont été enregistrées avant le premier tour des élections législatives de ce dimanche 30 juin, là encore un record qui a forcément eu comme conséquence un engorgement dans certains bureaux de vote.

Chacun peut le constater, une dissolution n’est pas seulement un artifice permettant de rebattre les cartes politiques, c’est tout une organisation localement qu'il convient de prévoir. Les élus nationaux ont tendance à l’oublier…


Dimanche 7 juillet, votez, votez bien.

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